Qu’est-ce qu’un roman multivers ? À propos de « l’invention des corps » Pierre Ducrozet – Actes Sud 2017 #lacauselit

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Qu’est-ce qu’un roman-multivers ? La notion de multivers renvoie souvent à la science-fiction, parfois à la philosophie. Les romans proposent en général un monde, un univers. L’invention des corps est un roman-multivers. Edgar Poe, grand précurseur du multivers, relu et mis en musique par Jean-Clet Martin, a ouvert la brèche. Pierre Ducrozet y inscrit les fondations formelles de son opus 2017. La multiplicité des sens s’exprime dans chaque phrase comme un tatouage dans un corps, comme un code sur la toile. #43 et autres.
Le fait divers tutoie l’événement historique. Date-code : La nuit du 4 septembre 2014. 43 étudiants mexicains manifestants sont assassinés par la police locale d’Iguala. Les corps restent introuvables. Les faits, Ducrozet les fait proliférer dans la course d’Alvaro, jeune prof rescapé et témoin du massacre. Seulement voilà : « Témoigner, appeler, dénoncer, tout ça n’a aucun sens… ».

la suite ici :   http://www.lacauselitteraire.fr/l-invention-des-corps-pierre-ducrozet

 

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« Tout choix est hérétique. »- Jean-Pierre Prud’homme – Reliance (extraits)

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jpp

Reliance

( aphorismes )

jean-pierre prud’homme

à mes amis,

Pierre Lacoeuilhe

&

Philippe Laurin

L’aphorisme n’a de sens que dans l’horizon qu’il ouvre.

(cf. étymologie : apô horizôn)

“Je t’aime” n’est qu’un mot de passe …

… une holophrase , disait Roland Barthes.

Pour le vivant humain, rien n’est définitif ;

tout est infinitif.

Le tout réside dans l’art de savoir conjuguer.

L’infinitif “présent” qu’est le temps.

(il y a/es gibt)

“Aller vers” :

… pour cueillir,

… pour prendre,

c’est cela apprendre !

(cf. étymologie : ad prehendere)

Dessiller des yeux, frapper à la porte d’oreilles, c’est surtout cela

enseigner.

Apprendre à marcher, c’est apprendre à ne plus tomber !

(cf. Jann Gallois : p=mg)

Savoir se tenir, en évitant de se maintenir.

jpph – 26 fév. 2015

La curiosité sans la studiosité est vaine ;

La studiosité sans la curiosité est bêtise.

Privilégier l’exercice de la patience, prendre le temps d’étudier l’amont des

choses, échapper ainsi à la tyrannie de l’urgence .. pour accueillir l’à-venir.

L’étude appelle la stupeur, l’étonnement.

(cf. étymologie : studiare / stupire)

La beauté appelle.

(kalos / kallein)

Donner sans générer chez autrui quelque chose d’utile,

ce n’est n’est pas être généreux.

Partager sans prendre part, n’est pas partager.

Un savoir sans saveur n’est pas un savoir.

(cf. étymologie : sapor)

Toujours l’expérience aura résulté d’une mise en péril.

(cf. étymologie : ex-periri)

Quelle route suivre ?

Trouver le détour, frayer le chemin qui mène le plus pertinemment au but.

(cf. étymologie : via rupta)

L’errance bien tempérée n’est pas toujours source d’erreur. Elle nous

mène quelquefois, heureusement, à la trouvaille, à l’apparoir, à

l’épiphanie d’une vérité.

Le bon heurt peut engendrer le bonheur, mais aussi le malheur.

La reprise n’est pas répétition, n’est pas itération.

C’est un “recommencement en avant”.

(cf. S. Kierkegaard)

Savoir lier, tresser, relier, tisser …, et quelquefois repriser, ravauder.

jpph – 26 fév. 2015

Un seul mot en français pour dire l’analogie et l’homologie, i.e. la

ressemblance et la correspondance : comme.

Il en va de même quant à la confusion scriptale quand il s’agit pour

certains de dire la cause (pourquoi) ou la finalité (pour quoi).

Interroger les “allant-de-soi”, les poncifs, pour y découvrir de l’invu, de

l’inouï, de l’intact .. et peut-être créer un poncif nouveau !

Inventer, c’est trouver là où c’était.

(cf. étymologie : inventio)

Obéir, c’est porter son écoute vers ..

(cf. étymologie : ob-audio)

Etre responsable, c’est “répondre de” dit-on.

Mais comment conjuguer le “ce sur quoi je peux agir”, avec le “ce sur

quoi je n’ai pas de prise” ?

Primauté du devoir sur le dû. Car tout dû est impayable ; nous n’en

sommes jamais quitte.

Ne pas confondre frontières et barrières.

A l’ère de l’immédiateté, à cette époque où nous nous sommes affranchis

de l’espace, qu’en est-il du politique ?

L’administration est devenue une ab-ministration.

Ce qui est exelien n’est pas toujours excellent !

L’hospitalité : la régulation de deux hostilités potentielles, de deux

altérités, de deux étrangetés.

(cf. étymologie : hospes, hostis, hostire)

Nous, fils d’Abraham, d’où nous vient cette frérocité ?

Aussi le voisin est devenu un lointain, et le lointain un proche.

jpph – 26 fév. 2015

Le moi n’est plus haïssable. Nous sommes entrés dans un nouveau

monde : celui du tout à l’ego. La merdonité a remplacé la modernité.

Nous devenons de plus en plus solitaires les uns des autres.

L’orthodoxie sans hétéropraxie privilégie le dogme, … non la norme.

Les avant-gardistes sont des créateurs de dogmes !

Tout choix est hérétique.

(cf. étymologie : airesis)

Désirer, c’est sortir de la sidération. Dans eros, il y a oser.

(cf. étymologie : de-siderare)

L’écran, comme lieu de protection et de réflection, a remplacé l’écrit, lieu

de révélation et de réflexion.

La représentation a pris le pas sur la présentation, le paraître sur l’être.

Pathologie des mots en “isme” : modernisme, intégrisme, féminisme,

humanisme, … Ma préférence va pour les mots en “té” : modernité,

intégrité, féminité, humanité, .. Le nazisme aura été un humanisme, une

idéologie de l’Homme, en l’occurrence un humanisme sans humanité !

“La foi, c’est l’espérance d’un amour.”

(cf. cardinal Poupart à Jerphanion)

jpph – 26 fév. 2015

Einstein :  » je suis profondément un solitaire. »

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einstein-pipe_news« J’ai un amour fort pour la justice, pour l’engagement social. Mais je m’intègre très difficilement aux hommes et à leurs communautés. Je n’en éprouve pas le besoin parce que je suis profondément un solitaire. »

Comment je vois le monde

« Une vérité neuve ne porte ni les vêtements de la nation, ni les livrées du siècle ; elle est nue en venant au monde. » Sophie Germain

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Celui qui conçoit, qui produit une idée sublime, ne la borne pas par une restriction puérile ; c’est celui qui l’adopte et qui la voit à travers les préjugés de son temps : elle prend nécessairement leur couleur. Mais une vérité neuve ne porte ni les vêtements de la nation, ni les livrées du siècle ; elle est nue en venant au monde.

 

 

 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2032890/f6.image

 

Bind Torture Kill, des zikos Metal qui méritent d’être connus…

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Bind Torture Kill : une répétition.

Il lui fut donné d’assister à une répétition. Un soir de Juillet 2016. Le pote souriait, claquant la portière de sa bagnole devant la vieille grange perdue dans un village coincé entre une centrale nucléaire, un tourteau en cours de démantèlement depuis des décennies déjà et une autre centrale nucléaire en activité, elle, active. Lui, il avait l’avait déjà claquée, sa portière. Malgré les deux centrales, le soleil déclinait imperceptiblement. Il avait apporté sa bouteille de vin bio. Le musicien ouvrit la vieille porte du local. Un cube sans fenêtre. De gros sacs poubelle en plastique souple gris brillant, des cadavres de canettes de bière en tas, des cadavres plus vivants que jamais, tardigrades de verre et de métal prêts à s’éveiller au son, du métal attendu.

Il n’avait entendu que de loin ce type de musique, le Métal. Le pote musicien l’avait invité à une répétition de son groupe Bind Torture Kill. Allait-il ligoter l’invité ? Le torturer ? Le dézinguer ? Non, ils n’oseraient pas. Il était trop vieux, sans intérêt. Il l’avait prévenu. Le Métal exige des boules kies engoncées au fond des oreilles par précaution d’Hygiène, Sécurité et Conditions de Torture. Indispensables, le pote musicos avait dit. Oublie pas tes bouchons. Ok. Il avait délesté ses fonds de poche chez l’apothicaire du coin en échange de préservatifs auriculaires.

Le pote goûta le vin bio mais pas trop. Déjà il se concentrait sur la répète. Pas question de se murger tout de suite. Apparemment on boit que de la bière. Enfin, l’invité y sait pas… Affaire de se désaltérer, de s’hydrater, de rafraîchir les idées et la gorge ? Un peu tout ça sans doute. Le batteur débarqua, costaud et jovial, prêt à mouiller la chemise qu’il ôta avant de la tremper tout à fait, exhibant un torse tatoué grave. Le trio fut bientôt au complet à l’arrivée du chanteur dont il remarqua une main façonnée Django Reinhardt mais ça n’avait pas grand’chose à voir. Le trio s’enfila trois cervoises, prémisses du ciment du groupe métallique.

Le vieil invité eut droit à un spectacle pour lui tout seul. Et à une bouteille de vin bio pour lui tout seul aussi. Tout ça se présentait donc plutôt bien. Deux parties coupées d’une pause bière rapide mais détendue. On prend place. Au fond du cube, les tatouages du percussionniste l’impressionnent. Ils forcent l’admiration. Une douce torture, le tatouage. Derrière un pilier de soutènement, le pote guitariste, souriant hôte malicieux, règle ses machines, tourne des boutons, teste les premiers sons. Le batteur jongle avec ses baguettes, habile et déterminé. Le chanteur chauffe ses cordes dans un micro, sort des papiers, manuscrits griffonnés. Sans doute les paroles, se dit le vieux spectateur tandis qu’il malaxe les gommes kies et les pousse – un peu mais pas trop – à l’orée des tubes auditifs : il ne veut pas louper ce show pour lui inouï.

Benji étire ses bras en arrière vers le haut. C’est physique le show. Yann, le pote compositeur guitariste, vérifie une dernière fois ses cordes et les branchements du matos. Olivier, le chanteur se concentre, arpente l’espace et cherche le temps.

Un petit tour de chauffe au rythme des cymbales et des peaux tatouées est initié par Benji. 123-1234-1342 ( Pam pam PAM, Tagada PAMPAM, pam pam pam, tag et Pam…) Les chiffres et les mots disparaissent dans les battements de trois cœurs. Les électrocardiogrammes attestent des traces et des trous, fractales explosives.

Une entame choc tape soudain aux tympans. Il pousse un peu les bouchons avec une bonne rasade de rouge bio. Benji devient alors l’étoile fixe, le repère du repaire, la gueule d’un Jean Reno dégarni, la corpulence aussi – un peu moins dégarnie -, derrière des lunettes à la Lennon et une barbe courte. Il assure le Benji, pivot et table d’orientation.

Yann y croit – mais ne s’y croit pas. Il est là. Manche en main gauche, fer de lance qui défie le futur, le Lancelot du Métal sait que le Graal est là, dans les cordes, sur le ring, ici et maintenant. Que tout peut sauter d’un instant à l’autre, qu’une centrale peut déconner n’importe quand. C’est aussi pour ça qu’ils jouent ensemble ces trois gars. D’ailleurs, il chante quoi Olivier ? Il rédige ses sensations et ses cris musicaux rappellent la peinture du cri de Francis Bacon. Olivier chante son cri. Et ce serait une erreur de croire qu’il crie en chantant. Chanter le cri n’a rien de facile. C’est du travail, des répétitions, de la concentration. De l’écriture. Écrire et chanter dans la peau d’un serial killer pour rire, bien sûr, rire jaune, non mais. Sans rire, BTK, Bind Torture Kill, il l’apprendra plus tard, est le surnom que s’est donné à lui-même un certain Dennis Rader. Ce Dennis a fait des trucs à des gens tellement cool qu’il ne sera habilité à la liberté conditionnelle qu’à partir du 26 février 2180. Et c’est pas de la science-fiction. L’invité interroge. Réponse : « En fait, c’est pour le fun, pour le trash, et ça va ensemble. L’horreur et l’humour, c’est du second dégré… »

Dans la peau d’un tueur, sur la peau les dessins, sous les peaux la passion et le coeur. Le coeur – qui est aussi du cerveau – concentre et exprime avec une extrême lucidité – au-delà du vieux « no future » – un Ici et Maintenant. Hic et nunc, au milieu de nulle part, trois gars d’aplomb se donnent un nom comiquement anglais US et s’expriment en français. Parce que c’est comme ça. Alors on chante en français, en instantané, dans l’urgence…

Ainsi :

« La bête noire

qui sommeille en moi!

Ce monstre

qui prend le contrôle!

Possédé, je me sens vivant

J’appartiens à cette chose,

… »

Qui n’a pas une bête noire planquée au fond de ses tripes ?

Le Horlà de Maupassant a fait l’aller-retour outre-atlantique. Son retour le trouve muté en natif d’un monde dont le pire dépasse l’imagination. C’est bien ça qu’il faut chanter aujourd’hui. Le réel vomit suffisamment d’immondices pour que les artistes en ajoutent. En revanche, ils savent bien où ils habitent, quel air infect ils respirent, quelle eau traitée ils boivent, sur quel océan de plastique ils naviguent et quel vin bio ils boivent ou ne boivent pas.

Concentration et expression. À première vue, trois cinglés. A seconde vue, trois artistes d’une extrême lucidité. Les pieds bien sur terre. La tête bien sur les épaules. Les tripes dans la Zik. A nième vue, allez-y voir, allez comprendre. D’abord écouter, entendre, sentir. L’invité sentait bien qu’il aura dû commencer par là. Bind Torture Kill tourne rond et leur son est carré. C’est le monde qui marche sur la tête.

http://btkmetal.bandcamp.com

https://www.facebook.com/BTK.bind.torture.kill.metal/

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Deleuze : L’Apocalypse, ce n’est pas le camp de concentration (Antéchrist), c’est la grande sécurité militaire, policière et civile de l’Etat nouveau (Jerusalem céleste).

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Il n y a peut-être pas beaucoup de ressemblances entre Hitler et l’Antéchrist, mais
beaucoup de ressemblance en revanche entre la Nouvelle Jérusalem et l avenir qu’on nous promet, pas seulement dans la science-fiction, plutôt dans la planification militaire-industrielle de l’Etat mondial absolu. L’Apocalypse, ce n’est pas le camp de concentration (Antéchrist), c’est la grande sécurité militaire, policière et civile de l’Etat nouveau (Jerusalem céleste).

Deleuze
Critique et clinique p61

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chacun veut et croit être meilleur que ce monde-ci qui est le sien ; celui qui est meilleur ne fait qu’exprimer mieux que les autres ce monde-ci qui est le sien. Hegel

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chacun veut et croit être meilleur que ce monde-ci qui est le sien ;

 celui qui est meilleur ne fait qu’exprimer mieux que les autres ce monde-ci qui est le sien. 

Hegel (jeune)

#Captureshaptiques

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souad mani

Une   série   de   photographies   mobiles   sur   le   thème   de   la   capture   entre  photographie  et  peinture  numérique  et  en  dialogue  avec  la   pensée  de  Gilles  DELEUZE  sur  les  devenirs.

tumblr_n76lw4Odz81rg6hdbo1_1280shttp://souadmani.tumblr.com/tagged/captureshaptiques

#captureshaptiques , performance réalisée instantanément pendant un trajet aller- retour entre Sousse et Gafsa le 15 Juin 2014 à bord d’un louage ( transport public) et  à l’aide d’un mini Ipad et une connexion 3G.

« Les devenirs ne sont pas des phénomènes d’imitation ni d’assimilation, mais de double capture, d’évolution non parallèle, de noces entre deux règnes. Les noces sont toujours contre nature. Les noces c’est le contraire d’un couple. Il n’y a plus de machines binaires: question-réponse, homme-animal, etc. Ce pourrait être ça, un entretien, simplement le tracé d’un devenir. »* 

*DELEUZE . Gilles avec PARNET. Claire, Dialogues, Ed. Champs essais, 1996, p8.

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