« Molière oblige les acteurs à la vérité » Michel Bouquet raconte Molière … #lacauselit

La discrétion éblouissante de Michel Bouquet ne pouvait que croiser le génie de Molière. Le grand comédien joue ici le théâtre de l’écriture. Et l’écriture s’amuse à plagier le théâtre. C’est une pièce en 1 acte. Elle célèbre les étapes de la vie de Molière en progressant au gré de l’œuvre. Des intermèdes scandent en creux le déroulé en spirales. Ces sont les témoignages que le comédien confie au lecteur : sa vocation, le Tartuffe, Dom Juan, Le Misanthrope, L’Avare, Le Malade imaginaire. Une sorte de système dynamique de poupées russes en 3 ou 4 D.

Trop modeste, Michel Bouquet raconte. Et la simplicité de l’amour irrigue chaque phrase. Simplicité chère à Molière. « Contrairement à la vision cosmique et universelle d’un Shakespeare, Molière part de la vie des gens, et atteint la grandeur par en dessous ». Ajoutons sans risque : grandeur absolue de Molière. « Molière a ceci de particulier : on est toujours en retard sur lui, notre quête est infinie ».

suite de la chronique sur la cause litteraire

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un savoir gai de William Marx

Un gai savoir procède sous règne de la liberté. Rares sont les ouvrages irrigués par une vraie liberté de l’esprit. Rares sont les vies traversées par de vraies libertés de mouvement. Excellents sont les vrais philosophes, brillants et discrets. Sublimes sont les artistes qui rendent un peu plus visible ce qui était invisible dans l’aveuglement majoritaire.

William Marx est un subtil philosophe-artiste au sens le plus nietzschéen du terme. Nourri de philologie, il goûte aussi les plaisirs (et les tristesses) de la vie. D’où – peut-être – la convocation de soi. Autant se tutoyer en public – avec une infinie pudeur et l’humour joyeux quasi permanent.

Plus qu’un témoignage, moins qu’un traité. Plus qu’un essai, moins qu’un exercice d’admiration – et sans doute, le contraire – Un savoir gai de William Marx n’est pas Le gai savoir de quoi que ce soit. C’est parce qu’il échappe aux codes majeurs de toutes les majorités que ce livre est très important. L’apparence de l’abécédaire ne s’offre que pour rire : il s’agit plutôt d’une composition sérielleoù l’authenticité de plans de vie est conjuguée sans théorie, où les clins d’œil complices s’ajustent aux plus belles références (de Platon à Jean Genet). Et le découpage en 33 blocs n’est qu’un clin d’œil à Dante, comme le titreà Nietzsche.

article complet ici :

http://www.lacauselitteraire.fr/un-savoir-gai-william-marx

Savants, qui êtes-vous ? de Didier Bazy et Sylvie Serprix

🤓

Pour de vrai

Auteur : Didier Bazy

Illustratrice : Sylvie Serprix
48 p.

Bulles de savon, 2017

A partir de 10 ans

résuméMarie Curie, Albert Einstein, Hypatie, Galilée et les autres grandes figures savantes nous montrent les chemins buissonniers et rigoureux de l’expérimentation scientifique.

Suivons-les dans leurs découvertes. Bien des lois de la nature demandent encore à voir le jour.

 
cequejenaipensé Sixième volume de la collection Qui êtes-vous de Bulles de savon consacré cette fois-ci à 18 savants. Des pionniers de la science, hommes et femmes.
Cette collection s’est déjà penchée sur les écrivains, les peintres, les poètes, les explorateurs et les rebelles. C’est donc très logiquement qu’elle se penche cette fois-ci sur les savants. Cette immense album offre dix huit portraits en double page. Une est consacré à un portrait représentant le savant avec un clin d’œil à sa découverte. L’autre une rapide présentation du parcours de la personne. Avec…

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Qu’est-ce qu’un roman multivers ? À propos de « l’invention des corps » Pierre Ducrozet – Actes Sud 2017 #lacauselit – prix de flore 2017 –

 

Qu’est-ce qu’un roman-multivers ? La notion de multivers renvoie souvent à la science-fiction, parfois à la philosophie. Les romans proposent en général un monde, un univers. L’invention des corps est un roman-multivers. Edgar Poe, grand précurseur du multivers, relu et mis en musique par Jean-Clet Martin, a ouvert la brèche. Pierre Ducrozet y inscrit les fondations formelles de son opus 2017. La multiplicité des sens s’exprime dans chaque phrase comme un tatouage dans un corps, comme un code sur la toile. #43 et autres.
Le fait divers tutoie l’événement historique. Date-code : La nuit du 4 septembre 2014. 43 étudiants mexicains manifestants sont assassinés par la police locale d’Iguala. Les corps restent introuvables. Les faits, Ducrozet les fait proliférer dans la course d’Alvaro, jeune prof rescapé et témoin du massacre. Seulement voilà : « Témoigner, appeler, dénoncer, tout ça n’a aucun sens… ».

la suite ici :   http://www.lacauselitteraire.fr/l-invention-des-corps-pierre-ducrozet

 

« Tout choix est hérétique. »- Jean-Pierre Prud’homme – Reliance (extraits)

jpp

Reliance

( aphorismes )

jean-pierre prud’homme

à mes amis,

Pierre Lacoeuilhe

&

Philippe Laurin

L’aphorisme n’a de sens que dans l’horizon qu’il ouvre.

(cf. étymologie : apô horizôn)

“Je t’aime” n’est qu’un mot de passe …

… une holophrase , disait Roland Barthes.

Pour le vivant humain, rien n’est définitif ;

tout est infinitif.

Le tout réside dans l’art de savoir conjuguer.

L’infinitif “présent” qu’est le temps.

(il y a/es gibt)

“Aller vers” :

… pour cueillir,

… pour prendre,

c’est cela apprendre !

(cf. étymologie : ad prehendere)

Dessiller des yeux, frapper à la porte d’oreilles, c’est surtout cela

enseigner.

Apprendre à marcher, c’est apprendre à ne plus tomber !

(cf. Jann Gallois : p=mg)

Savoir se tenir, en évitant de se maintenir.

jpph – 26 fév. 2015

La curiosité sans la studiosité est vaine ;

La studiosité sans la curiosité est bêtise.

Privilégier l’exercice de la patience, prendre le temps d’étudier l’amont des

choses, échapper ainsi à la tyrannie de l’urgence .. pour accueillir l’à-venir.

L’étude appelle la stupeur, l’étonnement.

(cf. étymologie : studiare / stupire)

La beauté appelle.

(kalos / kallein)

Donner sans générer chez autrui quelque chose d’utile,

ce n’est n’est pas être généreux.

Partager sans prendre part, n’est pas partager.

Un savoir sans saveur n’est pas un savoir.

(cf. étymologie : sapor)

Toujours l’expérience aura résulté d’une mise en péril.

(cf. étymologie : ex-periri)

Quelle route suivre ?

Trouver le détour, frayer le chemin qui mène le plus pertinemment au but.

(cf. étymologie : via rupta)

L’errance bien tempérée n’est pas toujours source d’erreur. Elle nous

mène quelquefois, heureusement, à la trouvaille, à l’apparoir, à

l’épiphanie d’une vérité.

Le bon heurt peut engendrer le bonheur, mais aussi le malheur.

La reprise n’est pas répétition, n’est pas itération.

C’est un “recommencement en avant”.

(cf. S. Kierkegaard)

Savoir lier, tresser, relier, tisser …, et quelquefois repriser, ravauder.

jpph – 26 fév. 2015

Un seul mot en français pour dire l’analogie et l’homologie, i.e. la

ressemblance et la correspondance : comme.

Il en va de même quant à la confusion scriptale quand il s’agit pour

certains de dire la cause (pourquoi) ou la finalité (pour quoi).

Interroger les “allant-de-soi”, les poncifs, pour y découvrir de l’invu, de

l’inouï, de l’intact .. et peut-être créer un poncif nouveau !

Inventer, c’est trouver là où c’était.

(cf. étymologie : inventio)

Obéir, c’est porter son écoute vers ..

(cf. étymologie : ob-audio)

Etre responsable, c’est “répondre de” dit-on.

Mais comment conjuguer le “ce sur quoi je peux agir”, avec le “ce sur

quoi je n’ai pas de prise” ?

Primauté du devoir sur le dû. Car tout dû est impayable ; nous n’en

sommes jamais quitte.

Ne pas confondre frontières et barrières.

A l’ère de l’immédiateté, à cette époque où nous nous sommes affranchis

de l’espace, qu’en est-il du politique ?

L’administration est devenue une ab-ministration.

Ce qui est exelien n’est pas toujours excellent !

L’hospitalité : la régulation de deux hostilités potentielles, de deux

altérités, de deux étrangetés.

(cf. étymologie : hospes, hostis, hostire)

Nous, fils d’Abraham, d’où nous vient cette frérocité ?

Aussi le voisin est devenu un lointain, et le lointain un proche.

jpph – 26 fév. 2015

Le moi n’est plus haïssable. Nous sommes entrés dans un nouveau

monde : celui du tout à l’ego. La merdonité a remplacé la modernité.

Nous devenons de plus en plus solitaires les uns des autres.

L’orthodoxie sans hétéropraxie privilégie le dogme, … non la norme.

Les avant-gardistes sont des créateurs de dogmes !

Tout choix est hérétique.

(cf. étymologie : airesis)

Désirer, c’est sortir de la sidération. Dans eros, il y a oser.

(cf. étymologie : de-siderare)

L’écran, comme lieu de protection et de réflection, a remplacé l’écrit, lieu

de révélation et de réflexion.

La représentation a pris le pas sur la présentation, le paraître sur l’être.

Pathologie des mots en “isme” : modernisme, intégrisme, féminisme,

humanisme, … Ma préférence va pour les mots en “té” : modernité,

intégrité, féminité, humanité, .. Le nazisme aura été un humanisme, une

idéologie de l’Homme, en l’occurrence un humanisme sans humanité !

“La foi, c’est l’espérance d’un amour.”

(cf. cardinal Poupart à Jerphanion)

jpph – 26 fév. 2015

« Une vérité neuve ne porte ni les vêtements de la nation, ni les livrées du siècle ; elle est nue en venant au monde. » Sophie Germain

Celui qui conçoit, qui produit une idée sublime, ne la borne pas par une restriction puérile ; c’est celui qui l’adopte et qui la voit à travers les préjugés de son temps : elle prend nécessairement leur couleur. Mais une vérité neuve ne porte ni les vêtements de la nation, ni les livrées du siècle ; elle est nue en venant au monde.

 

 

 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2032890/f6.image

 

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