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Walking HD Thoreau : sauntering

« by Henry David Thoreau

I wish to speak a word for Nature, for absolute freedom and wildness, as contrasted with a freedom and culture merely civil—to regard man as an inhabitant, or a part and parcel of Nature, rather than a member of society. I wish to make an extreme statement, if so I may make an emphatic one, for there are enough champions of civilization: the minister and the school committee and every one of you will take care of that.
I have met with but one or two persons in the course of my life who understood the art of Walking, that is, of taking walks—who had a genius, so to speak, for SAUNTERING, which word is beautifully derived « from idle people who roved about the country, in the Middle Ages, and asked charity, under pretense of going a la Sainte Terre, » to the Holy Land, till the children exclaimed, « There goes a Sainte-Terrer, » a Saunterer, a Holy-Lander. They who never go to the Holy Land in their walks, as they pretend, are indeed mere idlers and vagabonds; but they who do go there are saunterers in the good sense, such as I mean. Some, however, would derive the word from sans terre without land or a home, which, therefore, in the good sense, will mean, having no particular home, but equally at home everywhere. For this is the secret of successful sauntering. He who sits still in a house all the time may be the greatest vagrant of all; but the saunterer, in the good sense, is no more vagrant than the meandering river, which is all the while sedulously seeking the shortest course to the sea. But I prefer the first, which, indeed, is the most probable derivation. For every walk is a sort of crusade, preached by some Peter the Hermit in us, to go forth and reconquer this Holy Land from the hands of the Infidels. »

Extrait de: Henry David Thoreau. « Walking. » iBooks.
Ce contenu est peut-être protégé par des droits d’auteur.

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« Les Pires Tyrans Sont Ceux Qui Savent Se Faire Aimer » belle formule souvent attribuée à tort à Spinoza

la formule est belle, souvent pertinente, MAIS :

Cette formule ne figure pas telle quelle dans l’œuvre de Spinoza (voir le site Hyperspinoza, où l’on peut trouver ses œuvres complètes en libre téléchargement), même si des vulgarisateurs (Godin, Tavoillot) la lui attribuent, sans donner de référence précise bien sûr. Le passage qui s’en rapproche le plus est dans le Traité théologico-politique, chap. XVII, § 2 :

Pour bien connaître cependant jusqu’où s’étend le droit et le pouvoir du souverain de l’État, il faut noter que son pouvoir n’est pas limité à l’usage de la contrainte appuyée sur la crainte, mais comprend tous les moyens de faire que les hommes obéissent à ses commandements : ce n’est pas la raison pour laquelle il obéit, c’est l’obéissance qui fait le sujet. Quelle que soit la raison en effet pour laquelle un homme se détermine à exécuter les commandements du souverain, que ce soit la crainte du châtiment, ou l’espoir d’obtenir quelque chose, ou l’amour de la patrie ou quelque autre sentiment qui le pousse, encore se détermine-t-il par son propre conseil et il n’en agit pas moins par le commandement du souverain. Il ne faut donc pas conclure sur-le-champ de ce qu’un homme fait quelque chose par son propre conseil, qu’il agit en vertu de son droit et non du droit de celui qui exerce le pouvoir dans l’État : qu’il soit en effet obligé par l’amour ou contraint par la crainte d’un mal, toujours il agit par son propre conseil et par son propre décret ; ou bien il n’y aurait nul pouvoir d’État, nul droit sur les sujets, ou bien ce pouvoir s’étend nécessairement à tous les moyens de faire que les hommes se déterminent à lui céder. Tout ce donc que fait un sujet, qui est conforme aux commandements du souverain, qu’il le fasse sous l’empire de l’amour ou par la coaction de la crainte, ou poussé (ce qui est le plus fréquent) à la fois par l’espoir et par la crainte, ou encore par révérence, c’est-à-dire par une passion mêlée de crainte et d’admiration, ou pour une raison quelconque, il le fait en vertu du droit de celui qui exerce le pouvoir dans l’État et non de son propre droit.

Cela résulte encore très clairement de ce que l’obéissance ne concerne pas tant l’action extérieure que l’action interne de l’âme. Celui-là donc est le plus sous le pouvoir d’un autre, qui se détermine à obéir à ses commandements d’une âme entièrement consentante ; et il s’ensuit que celui-là a le pouvoir le plus grand, qui règne sur les âmes de ses sujets. Que si ceux qui sont le plus craints, avaient le pouvoir de commandement le plus grand, en vérité ce seraient les sujets des Tyrans qui auraient ce pouvoir, car les Tyrans ont d’eux la plus grande crainte. En second lieu s’il est vrai qu’on ne commande pas aux âmes comme aux langues, encore les âmes sont-elles dans une certaine mesure sous le pouvoir du souverain qui a bien des moyens de faire qu’une très grande partie des hommes croie, aime, ait en haine ce qu’il veut. Si donc ces sentiments ne sont point l’effet direct de son commandement, souvent, comme l’atteste abondamment l’expérience, ils n’en découlent pas moins de l’autorité de sa puissance et de sa direction, c’est-à-dire de son droit ; c’est pourquoi, sans que l’entendement y contredise le moins du monde, nous pouvons concevoir des hommes qui n’aient de croyance, d’amour, de haine, de mépris, de sentiment quelconque pouvant les entraîner, qu’en vertu du droit du souverain.

En revanche, à part Machiavel dans Le Prince (« il vaut mieux être craint qu’aimé », mais idéalement l’un et l’autre), Vittorio Alfieri aborde plus directement cette question dans son traité De la tyrannie, chap. XVI (cf. http://fr.wikisource.org/wiki/De_la_Tyrannie/Si_le_tyran_peut-%C3%AAtre_aim%C3%A9,_et_par_qui)

merci à M. yannis Constantinides et à ses amicales lumières .

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Claude Levi-Strauss 2005 : ce monde n’est pas un monde que j’aime… #video

Claude Levi-Strauss



France 2 le jeudi 17 février 2005 : « Ce que je constate : ce sont les ravages actuels ; c’est la disparition effrayante des espèces vivantes, qu’elles soient végétales ou animales et le fait que du fait même de sa densité actuelle, l’espèce humaine vit sous une sorte de régime d’empoisonnement interne – si je puis dire – et je pense au présent et au monde dans lequel je suis en train de finir mon existence. Ce n’est pas un monde que j’aime ».

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