Une vraie jeune fille de Michel HOST, Weyrich Edition, 2015

Publié le Mis à jour le

Une vraie jeune fille

Michel Host

Weyrich Edition, 2015

14 €, 200p.

 

   

Sept nouvelles et trois contes. Un nouveau décalogue signé Michel Host ?

(Des dix injonctions nous n’en évoquerons que trois, au hasard)

 

Le genre de la nouvelle demande : que s’est-il passé ? Allons-y. Que s’est-il donc passé dans la nouvelle « Une vraie jeune fille », long récit inaugural jusqu’au titre de l’éditeur ?

 

Première nouvelle.

Miss Atta est Une vraie jeune fille. Elle chasse à l’arbalète, à poil, en compagnie d’Holopherne, lui aussi à poil. Que chassent-ils ? Le plaisir ? Le bonheur ? Les chasseurs à fusils ? Que s’est-il passé pour qu’une jeune baronne en arrive là ? Comme le narrateur est ici enquêteur, on apprendra vite ce qui s’est passé. Mais on ne saura jamais comment ça s’est passé. Michel Host, loin des modes, casse le code de la nouvelle. Excellente nouvelle.

 

Le genre du conte pose la question inversée : qu’est-ce qui va se passer ? Que va-t-il se passer dans le très court et très fulgurant conte « Les vacances d’Aline »

 

Premier conte.

Comment les vacances d’Aline vont-elles finir ? On sait à peu près ce qui s’est passé, la douleur de l’absence d’un père et ce qui s’ensuit. On fait des détours, dans le conte, on raconte, on décrit la nature et les fleurs et les arbres. Un mot mystérieux, gravé sur une stèle surgie des broussailles, livrerait-il quelque indice ? Salmakis… La naïade d’Ovide éprise d’Hermaphrodite ? Et alors ? Fausse piste ? Suivons le crapaud, ami d’Aline, jusqu’où ?

 

Drôle de conte, tragique en diable. La fin, c’est justement ce qui va se passer, la fin.

 

 

Fin inéluctable du conte : Racaille. Poisson d’or et Chocolat ont piqué une C5. Road story. Ambiance Pulp Fiction. Rien ne manque : autoroute, sexe, flingue, chips, motel…Qu’est-ce qui va se passer ? On la sait depuis le début. Un conte renversé. Au delà du renversant : rien que des faits.

Racaille ? Une fable d’aujourd’hui sans La Morale. Du saisi sur le vif, comme si le cinéma de Luis Bunuel était devenu La Réalité. Ce qu’elle est devenue. Host est ici un hyperréaliste et échappe à toute classification.

 

Michel Host, génie subtil, fait des contes dans le genre nouvelle et ses nouvelles se lisent comme des contes. Il rallonge le court. Il coupe court toute longueur. Ce n’est pas du mélange des genres : c’est l’explosion des formats convenus qui, ici, éclairent le grand style. Conjugueur et coloriste, Michel Host ne cède jamais aux facilités de l’écriture. Comment diable parvient-il à marier le Lâcher-prise (tout apparent en surface) et l’exigence aiguisée de la plume (trait qui lui est aussi cher qu’à Flaubert) ?

 

Host ? Un classique très actuel.  

DB 

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