Nécropolis 1209 Santiago Gamboa

Publié le

Nécropolis 1209
Santiago Gamboa

Métailié 2010, 414 p.
traduit de l’Espagnol (Colombien) par François Gaudry.
« La littérature finit par être un terrain inculte dans lequel le premier venu peut planter sa pioche. Ce que moi-même j’ai fait. » confesse le narrateur, biographe lambda, invité, il ne sait pas pourquoi, à Jérusalem, pour un congrès de biographes. Coup monté par Gamboa sans doute afin de pouvoir raconter des histoires de vie, les histoires de vie de biographes, précisément invités comme lui, dans un hôtel de la Ville Sainte, désormais soumise aux bombardements erratiques et donc rebaptisée Nécropolis.
Ainsi va le monde aujourd’hui : un des plus grands creuset de la spiritualité humaine creuse ici son tombeau et Gamboa tricote les linceuls. Fiction ? Roman ? Témoignage ? Reportage ? Coups de pioche ! Et comment. Allez, rompons le secret, au moins à l’usage de ceux qui écrivent sans lire, 1209 n’est pas une date, n’est pas un cryptogramme, c’est tout bonnement un numéro de chambre d’hôtel, d’un hôtel banal, standard et international comme on en trouve partout désormais.
Le cercle des biographes est si vertueux que chacun est cordialement invité à l’autobiographie. Allons-y ! Voici le bibliophile, voilà l’écrivain, tiens! le prédicateur, oh ! l’actrice porno, ah ! le businessman.
Ça serait tellement rigolo de suicider le prédicateur. Ça permet de planter quelques coups de pioche de plus. Ça provoque les applaudissements du public : « ce type de démagogie donne de bons résultats, on n’y peut rien, la pyrotechnie verbale séduit les esprits isocéphaliques au spectre neuronal plat… »(p 403).
Nul n’est dupe et chacun savoure.
Entre un Décaméron post-moderne et un nouveau Petit Prince, la planète Nécropolis est mise en orbite. Les comètes Bocace et Saint-Exupéry s’entrechoquent et s’accouplent pour ajouter des couches au mille feuilles de ce palimpseste détonant.

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Une réflexion au sujet de « Nécropolis 1209 Santiago Gamboa »

    La Critiquante a dit:
    21 janvier 2014 à 7:21

    Drôle de titre !

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