Carver, Ray Raymond : la cathédrale du court

Publié le Mis à jour le

Les vitamines du bonheur

Raymond Carver
traduit de l’anglais (US) par Simone Hilling Editions de l’Olivier, 2010,255p
Soit le tome 4 des œuvres complètes de Carver. Le recueil original de ces nouvelles avait pour titre : la cathédrale.
Ici, elle a été placée à la fin. Comme un hommage ou un clin d’œil. Est-ce parce que la cathédrale recèle les vitamines disjonctives du bonheur ? Cathédrale est un trésor, un monument de simplicité et de rapidité, d’efficacité et d’humour, le tout en quelques pages. L’art du bref. Quelques lignes pour un couple. Le couple impossible, le couple au rendement incommunicable, le couple bien actuel, et pour longtemps. Ce couple n’en est pas à son galop d’essai. Pas un vieux couple pour autant. Enfin, peu de temps suffit à faire un vieux couple, un vrai couple, très duel, très disjonctif, bien vu par ses parties masculines : le narrateur. Il est campé. Il a des positions, des postures. Elle, est un peu plus floue, floutée par la narration et la distance de l’observation. Lui raconte. Il voit débouler un aveugle fraichement veuf dans son couple. Le point aveugle va déterminer la perspective. Le veuf, aveugle qui ne cache pas ses yeux et ne mâche pas ses mots, a du doigté: il a tripoté le visage de la femme quelques années plus tôt. Avec les sensations des caresses, elle a fait un poème. Elle en produit deux par an. A trois, ils boivent, bouffent et s’abrutissent devant la télé. Elle s’endort. Sa jupe se fend. Il se demande si la cécité est authentique. Il craint le regard rotatif des globes trop visibles, insaisissables, sans doute innocents. Il propose du cannabis. C’est la première fois pour l’invité. Ma foi, c’est pas si mal. A la télé, un documentaire sur les cathédrales. Qu’est- ce qu’il lui prend à l’aveugle ? S’ennuierait-il devant la télé ? Il va tenir la main du narrateur qui va devenir dessinateur. Ils vont ensemble ériger en deux dimensions une cathédrale. La troisième demande ce qui se passe. On se demande aussi. On est dans la quatrième dimension.

Carver : quand la banalité du quotidien devient irréelle.

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