Foucault, Michel Foucault

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Michel FOUCAULT prononce, en mai 1982, à l’université de Grenoble, une conférence consacrée à la notion grecque de parrhêsia. Cette conférence, dont un enregistrement a été conservé, est restée jusqu’à ce jour inédite. La revue Anabases (publiée par l’équipe PLH-ERASME de l’université de Toulouse 2) en publie, dans son numéro 16 (2012), la transcription intégrale.

Michel Foucault a consacré une grande partie de ses derniers travaux, notamment le cours au Collège de France de 1982, à la notion de parrhêsia, que l’on traduit habituellement par « franc-parler » ou « liberté de parole ». Dans le cadre démocratique, la parrhêsiaest un droit politique qui permet au dirigeant influent – Périclès est l’exemple retenu – de participer activement au gouvernement de la cité et d’emporter l’adhésion de ses concitoyens par la franchise de son discours.Avec ce concept, nous sommes au coeur des « régimes de vérité ».Le texte de la conférence rend le mode d’exposition adopté par Foucault, à partir d’un dossier de textes grecs, particulièrement vivant. Le va-et-vient qu’il cherche à mettre en place entre les textes originaux, leur commentaire littéral, et les enjeux philosophiques, éthiques et surtout politiques que sa lecture sous-tend, convient particulièrement au mode d’exposition oral. Cet enjeu de méthode philosophique est aussi l’un des intérêts majeurs d’un texte que l’on peut qualifier d’important.La transcription complète (y compris l’échange final avec le public) et le texte de présentation sont dus à Henri-Paul Fruchaud, neveu de Michel Foucault, et Jean-François Bert, spécialiste d’histoire intellectuelle, de l’université de Lausanne.Deux courts extraits…
C’est des matériaux, c’est des références à des textes, des indications ; l’exposé que je vais vous faire est donc lacunaire et vous serez très gentils si vous voulez bien, premièrement pousser des cris quand je suis décati, m’interrompre quand vous ne comprenez pas ou que ça ne marche pas et puis à la fin en tout cas me dire ce que vous pensez. Voilà donc d’abord comment j’en suis venu à me poser ce genre de questions. Ce que j’avais étudié depuis au fond assez longtemps, c’était la question de l’obligation de dire vrai : qu’est-ce que c’est que cette structure éthique interne au dire-vrai qui fait que, en dehors, si vous voulez, des nécessités se référant à la structure du discours ou à la référence du discours, quel est ce lien qui fait que quelqu’un est obligé à un moment donné de dire vrai ?

Pour dire les choses très schématiquement, il me semble […] que ce soit un mode de vie, un mode de vie comme pourrait l’être par exemple le mode de vie philosophique. Il est absolument certain que le mode de vie philosophique implique absolument la parrhêsia ; Il ne peut pas y avoir de philosophe qui ne soit un parhrèsiaste ; mais le fait d’être parrhèsiaste ne coïncide pas exactement avec le mode de vie philosophique. Je crois que – en tout cas c’est ce que je voudrais vous suggérer – il faudrait envisager la parrhêsia sous l’angle de ce qu’on appelle maintenant une pragmatique du discours, c’est-à-dire qu’il faudrait considérer la parrhêsia comme l’ensemble des caractères qui fondent en droit et qui assurent en efficacité les discours de l’autre dans la pratique du souci de soi.

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